Il y a de jolies rencontres inattendues . Il est presque 5 h ... mon insomnie me pousse vers mon écran..Je navigue à vue et découvre - au hasard d'un blog - un auteur dont j'ignorais superbement nom et oeuvre..Mea culpa !
Erri de Luca..Le nom même est harmonieux ..Je cherche fébrilement et Internet me découvre l'homme et ses textes..Ses mots me touchent..
"J'attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche. J'attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles. J'attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s'est pas épargné, à deux vieux qui s'aiment. J'attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd'hui vaut encore peu de choses. J'attache de la valeur à toutes les blessures. J'attache de la valeur à économiser l'eau, à réparer une paire de souliers, à me taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de m'asseoir, à éprouver de la gratitude sans me souvenir de quoi. J'attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive. J'attache de la valeur au voyage vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quelle que soit sa faute. J'attache de la valeur à l'usage du verbe aimer et à l'hypothèse qu'il existe un créateur. Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues."
Erri De Luca
L’auteur :
Erri De Luca est né à Naples en 1950, dans une famille de la moyenne bourgeoisie. Au sortir de l’adolescence, il connaît l’engagement politique au sein du mouvement d’extrême gauche Lotta continua que dirige Adriano Sofri, puis choisit d’exercer de multiples métiers manuels tant en Afrique et en France qu’en Italie : conducteur d’engins ou de camions, ouvrier sur des chantiers de construction, enfin maçon, une profession qu’il continuera à exercer lorsque paraîtra son premier livre, Une fois, un jour (Non ora, non qui), en 1989. Parallèlement, de manière totalement autodidacte, il apprend l’hébreu pour lire les textes sacrés, qu’il entreprendra ensuite de traduire, d’abord pour son propre usage puis dans la perspective d’une publication. Ses brefs récits – notamment Acide, Arc-en-ciel (Aceto, Arcobaleno) –, où se mêle l’exigence morale et une grande sincérité de la voix, rencontrent un vaste écho en Italie mais aussi en France, tant auprès de la critique que du public. Il collabore au Mattino, le principal journal de Naples, et à divers autres périodiques. Durant la guerre en ex-Yougoslavie, il effectua, en tant que conducteur de camions pour une organisation humanitaire, diverses missions auprès des populations bosniaques.
mercredi 11 avril 2007
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