dimanche 25 mars 2007

La violence

Hier soir ,j'ai été confrontée à la violence et j'en suis encore toute secouée..
A la tombée de la nuit , j'allais et venais entre salon et cuisine pour préparer le repas .Mon regard a été attiré par une scène peu ordinaire sur le parking de ma résidence . Des policiers avaient interpelé un groupe de jeunes beurs et pratiquaient une fouille au corps .Je dois avouer que cela m'a réjouie car nous sommes envahis par des groupes de jeunes venant de l'extérieur du quartier .Les trafics en tous genres prospèrent malgré les appels au secours des habitants . Les policiers poursuivent leur route et en l'espace de 5 minutes , une cinquantaine de jeunes converge vers le lieu de la fouille..Rapidement ,un attroupement se fait ,au milieu de quelques voitures ronflantes..D'où sortent-ils ? Comment ont-ils été avertis ? Mystère ! Les cris fusent..Des mouvements de foule ..et une bagarre éclate ,une bagarre d'une violence inouie ..Les autres jeunes font cercle et encouragent les combattants. Une meute hurlante..effrayante !J'entends les cris et je sors sur mon balcon..
Ma fille - terrifiée - me supplie de ne pas m'en mêler...
L'un des deux tombe et l'autre le roue de coups de pied d'une violence inouie.Je leur hurle d'arrêter mais je suis trop loin.Ma voix se perd..Des voisins ouvrent leurs fenêtres..D'autres jeunes restent à distance prudente du combat .Ma fille me supplie de rentrer .
J'ai le coeur qui bat la chamade devant ce déferlement de cris et de coups..Cela n'a duré que quelques minutes et appeler la police n'aurait servi à rien...Elle ne serait pas arrivée à temps !
Brusquement ,le " cogneur" est emmené par 2 amis..Le " vaincu" est ramassé par des copains..Tout ce petit monde s'engouffre dans les voitures et l'arène se vide en quelques minutes ,laissant les spectateurs KO et terrorisés .
Ma fille était en colère contre moi , m'accusant d'ignorer qu'on ne vivait pas au pays des Bisounours et que je nous mettais en danger en intervenant..
Je ne peux rester immobile et silencieuse lorsque j'assiste à ce genre de scène..mais lorsque nous rapportons aux autorités ce que nous vivons , elles mettent en doute notre parole !
Il faut porter plainte ! nous est-il répété..Porter plainte pour obtenir plus de moyens policiers..
Suis-je lâche ? Sommes -nous des lâches ? Je me pose sincèrement la question !


La liberté, c'est dangereux ! Ce qui est sécurisant, c'est de rester à sa place ! (Dieu, Shakespeare... et moi, in Opus 1 et 2, Éd. Solar, trad. Michel Lebrun, p.155)Woody Allen

2 commentaires:

Martine a dit…

Je peux juste te répondre par une citation trouvée je ne sais plus trop où "Ne crains pas ton ennemi, au plus il pourrait te tuer. Ne crains pas ton ami, au plus il pourrait te trahir. Crains plutôt les indifférents, ils ne tuent, ni ne trahissent, mais c'est gràce à leur consentement qu'il y a des assassions et des traites sur cette terre".

Quinquabelle a dit…

C'est joliment dit !J'avoue que je me sens toujours concernée !je ne sais pas me blinder et détourner les yeux..c'est ce qui est difficile à vivre parce que les batailles ne cessent jamais !