vendredi 13 juillet 2007

La même chance pour tous?

La peine de mort est une chose si abominable ! Lorsqu'on voit le pourcentage d'erreurs de jugements aux Etats-Unis, je me dis qu'il faut lutter pour une révision de nombreux procès !Cet homme a droit à la même justice que les autres . Ca vaut peut-être la peine de prendre le temps de tout revoir à nouveau !

Le 17 juillet. Depuis que la date de son exécution a été fixée, la mobilisation monte aux Etats-Unis autour de Troy Anthony Davis, un Afro-Américain condamné à mort à l'âge de 23 ans pour le meurtre d'un policier blanc. C'était en 1991. Depuis, il patiente dans le couloir de la mort, clamant son innocence, multipliant les recours. Mais tous ont été épuisés après que la Cour suprême a refusé de réexaminer son cas, le 25 juin.
Mené par Amnesty International et la "National coalition to abolish the death penalty" (Coalition nationale pour l'abolition de la peine de mort), un comité de soutien rassemblant des associations, des membres du Congrès, des responsables religieux mais aussi plusieurs personnalités comme le Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, ou la Sœur Helen Prejean, figure de proue de la lutte contre la peine de mort aux Etats-Unis, mène une campagne en sa faveur demandant la clémence du Bureau des grâces et des libérations conditionnelles de l'Etat de Georgie chargé de statuer sur son cas le 16 juillet, veille de son exécution.UNE INSTRUCTION BÂCLÉE
L'affaire remonte au 19 août 1989. Ce jour-là, une altercation oppose un homme armé et un sans-abri près d'un fast-food à Savannah, en Georgie. Mark Allen Mc Phail, un jeune policier de 27 ans intervient. Il est abattu de deux balles. Troy Anthony Davis est interpellé quelques heures plus tard et inculpé du meurtre du policier. La procédure qui aboutira à sa condamnation à mort en 1991 ne se fonde sur aucune preuve matérielle, l'arme du crime n'a par exemple pas été retrouvée, mais sur la base d'une série de témoignages désormais soumis à caution : six des neuf témoins à charge sont revenus sur leur déposition, certains mettant en cause l'acharnement des policiers à leur faire incriminer Troy Davis. Un des trois témoins ne s'étant pas rétracté est par ailleurs lui même mis en cause par plusieurs témoignages.
"Si nous intervenons en faveur de Troy Anthony Davis, c'est que son cas est particulièrement symbolique d'un certain nombre de dossiers de condamnés à mort aux Etats-Unis, explique Anne-Marie Duranton, coordinatrice Etats-Unis pour Amnesty France. L'instruction a été bâclée : comme c'est malheureusement souvent le cas, les policiers ont choisi le coupable parmi les personnes présentes sur les lieux du crime et ont ensuite fait pression sur les autres pour qu'elles l'accusent. On se retrouve avec des témoignages incohérents, des témoins qui se rétractent, et de possibles coupables qui, pour avoir la chance de s'en sortir, en accusent un autre. Ajoutons à cela que Troy Anthony Davis est noir et pauvre et que la victime est un policier blanc, les chances diminuent d'avoir un procès équitable."
"NE PAS COMMETTRE L'IRRÉPARABLE"
La peine de Troy Davis est confirmée par la Cour suprême en 1993. Deux ans plus tard, suite à une décision du Congrès américain de supprimer toutes les subventions fédérales aux associations d'aide aux condamnés à mort indigents, le Georgia Resource Center, l'association d'aide juridique qui s'occupe de sa défense, voit deux tiers de ses subventions supprimées, son équipe réduite à deux avocats pour s'occuper de quatre-vingts condamnés à mort. Dépassés, les conseils de Davis dénonceront trop tard les pressions de la police sur les témoins : leur plainte pour non-respect des droits de la défense sera rejetée en 1997 par la Cour de l'Etat.
"Nous n'affirmons pas que Troy Anthony Davis est innocent. Nous disons qu'il n'a pas eu droit à un procès équitable et qu'à défaut d'être sûr de sa culpabilité, il ne faut pas commettre l'irréparable en l'exécutant", explique Anne-Marie Duranton. Un argument qui pèse dans la mobilisation autour du condamné, âgé aujourd'hui de 38 ans à l'heure où l'opinion américaine, sensibilisée par plusieurs précédents, s'interroge sur le risque de condamner un innocent. Dans sa lettre de soutien adressée au Bureau des grâces, le révérend Desmond Tutu écrit : "Il a été démontré à plusieurs reprises que notre système judiciaire est faillible et nous savons que cent vingt-quatre personnes ont été innocentées alors qu'elles étaient dans le couloir de la mort aux Etats-Unis, accusées par erreur." Reste à savoir si cela convaincra le Bureau des grâces de commuer, lundi, la condamnation à mort de Troy Davis en prison à perpétuité.
Aline Leclerc

1 commentaire:

roulibre a dit…

il existe aussi une petition pour aider Troy... a transmettre! http://www.thepetitionsite.com/takeaction/153402169