mardi 3 juillet 2007

Nettoyons devant notre porte !

Celle qui s'entête à dénoncer le sexe tarifé :


« Judas, traîtresse, balance, sarkozette », la croisade d'Amély-James Koh Bela ne lui a pas valu que des lauriers. Il faut dire que sa lutte contre la prostitution enfantine africaine a de quoi déplaire aux réseaux mafieux qui opèrent au sein de la communauté noire de France. Après des années d'enquête, elle vient de publier un livre-choc "Mon combat contre la prostitution" dans lequel elle donne la parole aux acteurs de cette tragédie, qu'ils soient clients, proxénètes ou prostitués.
Sa prise de conscience a lieu en 1990. D'origine camerounaise, titulaire d'un diplôme de commerce international, Amély-James Koh Bela vit alors en France depuis cinq ans et milite dans des mouvements de sans-papiers. « Un jour, je me rends porte d'Aubervilliers pour rendre visite à une femme avec qui je dois évoquer le problème des immigrés en situation irrégulière. Soudain, un homme sort d'une pièce voisine, dépose 100 euros et part. J'entends des sanglots. Un garçon de 5 ans, en pleurs, se jette dans mes bras. Il avait mal : c'était lui que le client était venu voir... »
Confrontée à l'horreur, Amély-James Koh Bela décide de se battre. Tout un système se révèle alors à elle : des mères restées sur le continent remettent leurs enfants à des femmes (« mammas ») à la tête de réseaux de prostitution en Europe. En échange, les enfants sont régularisés. Amély-James Koh Bela découvre que l'Afrique envoie chaque année en Europe de gros contingents de prostitués, hommes ou femmes.
En France en 2005, 40 % des prostitués « visibles » en France sont d'origine africaine, contre 7 % en 2000, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Pour tenter d'endiguer le phénomène, Amély-James Koh Bela a créé l'association Mayina.
L'un de ses outils de prévention : mettre en place des caravanes d'information à travers l'Afrique.
« Il faut changer l'image du continent, éduquer les jeunes Africains et créer des modèles de promotion sociale là-bas », affirme Amély-James Koh Bela, qui a finalement vu son travail récompensé. En décembre, le Sénat lui a décerné le Trophée 2006 de la réussite au féminin.

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