vendredi 16 novembre 2007

Le temps du premier gel


" Il faut aller voir ce qu'il s'est passé dans le jour qui se lève, se vêtir chaudement, pousser la porte, frissonner, sortir quand même ; refermer la porte derrière soi . Le vent du nord mord le visage ; l'éclat de la terre et du ciel, légèrement rosé, éblouit, fait mal aux yeux . Il a gelé ; L'herbe est prise dans une gangue fine qui l'a figée, la fait briller, lui donne l'apparence d'un tapis neuf, immaculé, qui n'a jamais servi, sinon, peut-être, à un mulot, un chat, une quelconque sauvagine, mais certainement pas à un homme ou à une femme . L'air sent à la fois la pierre et les étoiles froides . Les toits aussi sont blancs mais il n'a pas neigé . Il a gelé. Dès les premiers pas, le sol craque délicieusement sous le pied, garde l'empreinte, mais demeure blanc ."

Christian Signol
C'est délicieusement décrit . J'ai retrouvé au détour des mots, les impressions physiques ressenties dans le vent glacial du Bugey .

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