jeudi 11 octobre 2007

En Ovalie



http://www.courriersport.com/rugby2007/actu.asp
En Ovalie, on a heureusement des sites comme celui-là ! Articles intéressants et dessins fort drôles .

On peut y lire la réponse en forme de mea-culpa du journaliste Chris Rattue . C'est lui qui avait écrit un article au vitriol juste avant le dernier match NZ/ France.

Il a eu l'intelligence de répondre : en voici la traduction .


"On leur avait dit et répété de se souvenir de 1999.

Confronté au goût amer de la défaite, le tout, en ce qui me concerne, additionné de quelques franches rasades d'humilité, il ne faut jamais oublier de saluer le vainqueur. Et ils ont été triomphants, ces Français, dans un quart de finale de Coupe du Monde tout simplement magnifique. Harassant, haletant, à s'agripper à son fauteuil, couvert de sueur, des frissons le long de l'échine. Mais à moins de continuer à célébrer notre domination absolue sur le Portugal et la Roumanie, rien ne peut nous consoler de cette terrible défaite au pays de Galles. De l'instant où les Bleus se sont tenus si près du haka que la guerre a failli éclater avant le premier coup de sifflet, jusqu'aux ultimes secondes de la rencontre, quand ils ont pu galoper triomphalement vers l'arrière le ballon soigneusement niché sous un bras, ce fut une journée que le sport français n'oubliera jamais. Pourtant, jamais, au grand jamais, cette équipe française ne semblait capable d'une telle performance. Pourtant, ils l'ont fait. Vive la France*.

Quant aux All Blacks, je serais tenté d'affirmer que Graham Henry et les siens ont été en phase jusqu'en 2007, puis qu'ils se sont laissés prendre au piège d'un scénario inutilement compliqué. La leçon est évidente. Il faut continuer à jouer en respectant les valeurs de la sélection traditionnelle. Le plan de Henry, avec le soutien des autorités du rugby néo-zélandais, a contribué à dévaluer le Super 14 et les tests, d'où la faible préparation de son équipe. La seule consolation, c'est que ce quart de finale a été un match épique d'une tension fabuleuse. Peut-être mesure-t-on la grandeur d'une rencontre à son volume anxiogène plutôt qu'à la qualité de l'action. Dans ce cas, le 6 octobre 2007 restera comme l'un des plus grands instants rugbystiques. Peut-être ne reverra-t-on jamais de rugby aussi bon que ce que les Français ont produit pendant une phase lors de cette célèbre demi-finale de Coupe du Monde en 1999. Mais pour ce qui est du suspense insoutenable, de cette tension éprouvante qui nous attirait vers l'écran pour mieux nous obliger parfois à nous en écarter de douleur, difficile de trouver match comparable à celui de samedi. C'est ça, un grand sport, un affrontement qui se déroule dans un stade superbe et dont on ressort épuisé.

C'était l'heure des Français

Une chose est sûre, les All Blacks ont commis plus d'erreurs que le jeune arbitre [Wayne Barnes]. Ils ont eu la haute main sur le match presque jusqu'à la fin, et ils n'ont même pas pu se créer une bonne opportunité de drop, alors que les occasions ne manquaient pourtant pas. On ne pouvait que repenser à un autre match, à Sydney, il y a quatre ans, quand une charge éblouissante du grand capitaine anglais Martin Johnson a ouvert une fenêtre en or pour Jonny Wilkinson. La camaraderie et la cohésion étaient au cœur de l'équipe anglaise qui a fini championne du monde. Autant de qualités que les All Blacks pouvaient certes afficher en conférence de presse, mais qui ont été foulées au pied par le plan de Henry. Un plan qui a donc mordu la poussière.

Pour le match le plus important de leur mandat, Steve Hansen, Wayne Smith et lui ont choisi en la personne de Keith Robinson un deuxième ligne dont le manque d'expérience pouvait glacer le sang. Le centre du terrain a été chaotique, et ils ont aligné Dan Carter, blessé, parce qu'ils n'avaient jamais sérieusement réfléchi à un remplaçant. Et pourquoi Doug Howlett n'a pas été intégré à cette équipe, je ne le saurai jamais. Le système de repos et de rotation s'est avéré désastreux. On a envoyé en Coupe du monde une équipe mal préparée tandis que le Super 14 professionnel luttait pour sauver sa réputation. Il aurait fallu laisser les joueurs souffler si et quand ils en avaient besoin tout au long de l'année, et non en bloc. Toute la ligne arrière des Blacks donnait l'impression de ne pas être à sa place, à part Howlett, bien sûr, lequel n'a pas été retenu pour ce match. L'équipe risque d'être hantée par ces photos de vacances prises en Corse. Du repos, du repos, du repos, lâchez-nous avec ça.

Quant à l'incessante rotation de joueurs, la seule raison que des sources proches du saint des saints m'ont donnée est que Henry gouvernait de façon démocratique, ouvrant la voie à de véritables marchandages. C'était l'heure des Français, et l'engagement de leur défense a rappelé celui de leur attaque il y a huit ans. Pour ceux d'entre-nous qui se sont moqués du rugby de l'hémisphère Nord, c'est un jour misérable. Les Anglais ont été moyens, pour dire les choses gentiment, dans un match affreux qui a enchaîné les mêlées effondrées contre une Australie naïve et physiquement faible. Mais l'Angleterre a gagné, et dans une Coupe du monde, il n'y a que la victoire qui importe. Au moment de l'épreuve, les All Blacks se sont écroulés. Mon Dieu, il y a de quoi suffoquer.

Mais après tout, la vie continue, après une période de deuil, évidemment, même si j'ai le sentiment que nous avons tiré les leçons de notre réaction de repli outrancière de 1999. Alors que j'écris ces lignes, ma messagerie déborde de messages de supporters français qui crient cocorico tout en s'en prenant, non sans raison, à mon article "Les All Blacks vont massacrer les Bleus" de la semaine dernière dans lequel je me moquais de leur entraîneur Bernard Laporte et de leurs chances dans la compétition. Dans ce genre de situation, c'est sciemment que l'on prend position et que l'on s'expose. il s'agit là du lot de tout éditorialiste, un sort que je trouve réjouissant et stimulant quel que soit le résultat. Alors, une fois de plus, félicitations à la France, et toutes mes excuses. * En français dans le texte.
Chris RattueThe New Zealand Herald


Chapeau bas ! Tous les journalistes sportifs n'auraient - sans doute - pas eu ce cran là !

Je joins aussi le mail d'un supporter néo-zéandais ! Désolée : c'est en anglais et j'espère que vous comprendrez son message !


"Firstly, please forgive me for not being able to communicate to you in French. I cannot speak French very well so I will not embarrass you by attempting to write this in French. As a Kiwi I just want to congratulate your team and wish you well for this weekend against England. You have my support. And that of many Kiwis. Of course we hoped the ABs would win against Les bleus because the All blacks have been consistently very good, until recently. And yes, we hoped that maybe THIS YEAR would be our year to exorcise the ghosts of previous Rugby World Cup disappointment. We did not assume that we would win, but certainly our chances were good, I am sure you would agree. But alas, that’s sport. Someone must win and someone must lose. And in playing France anything can happen. You constantly surprise and delight as a nation. Well done France for a well deserved win. You were the better team last weekend.Now, based on your good performance, I hope you beat the English this weekend and meet Argentina in the final. The English and South Africans have shown themselves to be just as arrogant as the teams (NZ/Australia) they accuse of arrogance. Read some of the racist rubbish coming out of the English media. Anyone would think they are infected with Foot and Mouth disease or Creuzfeldt Jacob disease - like their animals. So much ‘frothing’ at the mouth. Alor mon amis, bon chance et allez les Bleus! I will cheer for you at Stade de France."

Rédigé par: Anthony Gibbons

C'est vraiment chouette et " fair-play" !

Traduction du dessin :
"On pense qu'une bouse de vache fumante représente mieux la Nouvelle-Zélande, désormais..."

..une référence à l'immense ballon de rugby gonflable au champ de Mars, installé le 5 Octobre par la NZ !

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