mercredi 17 octobre 2007

Une librairie ferme


Une librairie qui ferme, c'est une partie de notre vie qui fout l'camp, de notre enthousiasme et de notre curiosité !

Et c'est ENCORE une banque qui prendra la place encore chaude ?

Mais merde, on ne vit pas des banques, on vit, on se nourrit de culture et pas de ces encostumés aux belles paroles ! Ca me fiche en colère et je suis triste !!



CULTURE – Lyon, qu'as-tu fais de tes libraires ?

Après la Proue récemment, la librairie Nouveautés ferme définitivement ses portes, ce samedi soir, après plus de cent dix ans de présence place Bellecour. Ce lieu désuet, pas rentable, rend les armes, et c'est la vie qui vous file entre les doigts. Ces derniers jours, la boutique semblait en deuil...
Les clients passaient, repassaient, comme pour vérifier qu'il n'y aurait pas de miracle. Des vieux messieurs chuchotaient, l'un d'eux déplorant la perte d'un "véhicule de la pensée", une autre celle d'un "ambassadeur de l'esprit de cette ville". Un troisième maudissait l'air du temps. Ils sont philosophes, auteurs, poètes, professeurs en retraite. Certains venaient là depuis des décennies. "J'y ai signé tous mes livres", glisse François Montmaneix, écrivain et poète, en pleine déploration. "Cet endroit donnait à la ville une part de son caractère, murmure-t-il. C'était un des derniers endroits dispensateur du plaisir de feuilleter, de flâner, de fouiller, d'échanger. Pas un caravensérail accueillant mille personnes à l'heure. C'est une énorme perte."
La librairie Nouveautés n'a pas toujours porté ce nom. Mais a toujours vendu des livres sur la place Bellecour, depuis la fin du XIXe. Robert Bouvier l'avait reprise voilà près de quarante ans, après avoir fait ses première armes à La Proue, fermée elle aussi depuis quelques mois. Il vit "des moments abominables". Comme à son propre enterrement, les clients s'inclinent, le saluent tristement.
Les murs appartiennent à la voisine fondation Bullukian. Lorsque Robert Bouvier a décidé de passer la main, usé et endetté, il espérait que ce propriétaire si souvent mécène chercherait un jeune libraire prêt à continuer l'aventure. "C'est six jours sur sept de travail pour gagner le Smic, dit-il, mais si c'était à refaire, je me lancerais pour les belles rencontres que cette librairie m'a offertes." C'est finalement une banque, la Lyonnaise de banque, qui prendra la place. "C'est la fin d'un monde, soupire le libraire. Le livre n'est plus dans l'air du temps. Il est temps de tourner la page."Ol.B.

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